Refaire les joints de brique : guide complet pas à pas

Rejointer un mur en brique consiste à remplacer le mortier abîmé.

  • Vérifiez si le joint s’effrite au simple toucher.
  • Dégarnissez l’ancien mortier sur 2 cm de profondeur.
  • Préparez un mortier 1:1:6 (ciment blanc, chaux, sable).
  • Travaillez à une température entre 5 °C et 25 °C.
  • Appliquez avec une plâtresse et un fer à joints.
  • Un mur bien entretenu tient 50 à 100 ans.

Méthode complète pour refaire les joints de brique

  • Inspecter et évaluer les dégâts : Vérifiez la profondeur des joints abîmés. Si la brique est intacte mais que le mortier s’effrite, un dégarnissage s’impose, avant d’envisager de recouvrir la façade de brique.
  • Dégarnir les joints sur 2 cm : Creusez l’ancien mortier jusqu’à 2 cm de profondeur. Pour une petite surface, utilisez un marteau et un burin ; pour une grande façade, préférez un disque abrasif.
  • Brosser et humidifier la cavité : Brossez la poussière libérée avec une brosse métallique. Humidifiez les joints si les briques sont très absorbantes, afin que le nouveau mortier adhère correctement.
  • Préparer le mortier (1:1:6) : Mélangez ciment blanc, chaux maigre et sable cru dans les proportions 1:1:6. La température idéale pour travailler se situe entre 5 °C et 25 °C, et doit être stable 24 heures avant et après l’application.
  • Appliquer le mortier horizontalement : Utilisez une plâtresse et un fer à joints pour garnir les joints horizontaux. Tassez bien le mortier au fond de la cavité.
  • Appliquer le mortier verticalement : Travaillez les joints verticaux avec un petit fer à joints ou directement avec le pouce pour une finition précise.
  • Lisser et nettoyer les coulures : Passez une éponge sur les traces fines, comme pour réparer du lino. Pour les coulures plus épaisses, utilisez un grattoir après séchage complet du mortier, à l’image des solutions pour boucher un espace entre porte et mur.

Quand faut-il refaire les joints de brique ?

Les premiers signes d’alerte sont une friabilité du mortier et l’apparition de fissures ou lézardes entre les briques. Si le joint s’effrite au simple toucher ou laisse passer la pointe d’un tournevis, il faut agir avant que les dégâts ne s’étendent.

Les cycles de gel-dégel accélèrent considérablement la dégradation. L’eau s’infiltre dans le mortier poreux, gèle, et fait éclater le joint de l’intérieur. Une action rapide est nécessaire pour éviter que la brique elle-même ne soit descellée.

En pose professionnelle, un mur bien entretenu peut tenir 50 ans, voire 100 ans dans certains cas, avant de nécessiter un rejointoiement. Lorsque la brique reste intacte mais que le joint est abîmé, on retire délicatement l’ancien mortier sans endommager la maçonnerie.

Dégarnir et préparer les joints avant rejointoiement

Matériel indispensable pour le dégarnissage

Avant d’attaquer le chantier, rassemblez l’équipement adapté à la surface à traiter. Le choix de l’outil dépend surtout de l’étendue du mur et de l’état des joints.

  • Marteau et burin idéal pour les petites surfaces, permet un travail précis sans risquer d’abîmer les briques adjacentes.
  • Disque abrasif recommandé pour les grandes surfaces (façade entière) afin de gagner du temps, mais nécessite un geste maîtrisé pour ne pas entailler la brique.
  • Brosse métallique indispensable pour dépoussiérer le joint creusé avant toute application de mortier.
  • Lunettes et gants de protection obligatoires pour se protéger des projections de mortier et des poussières siliceuses.
  • Mortier prêt à l’emploi ou dosage 1:1:6 le mélange maison se compose de ciment blanc, chaux maigre et sable cru dans les proportions traditionnelles.

Comment dégarnir un joint de brique proprement

  • Creuser délicatement l’ancien mortier attaquez le joint en partant du centre pour éviter d’éclater le bord des briques.
  • Atteindre 2 cm de profondeur cette profondeur de creusement est le minimum pour assurer une bonne adhérence du nouveau mortier.
  • Brosser toute la matière libérée une fois le dégarnissage terminé, passez la brosse métallique dans chaque joint pour retracer les résidus de poussière.
  • Humidifier les briques absorbantes si la brique est poreuse, vaporisez un léger voile d’eau sur les joints creusés. Les briques très absorbantes risquent de pomper l’eau du mortier frais et de compromettre la prise.
  • Nettoyer la cavité avant application vérifiez qu’il ne reste aucun grain de sable ou fragment de mortier au fond du joint, sinon l’accroche sera insuffisante.

Pour les surfaces importantes (par exemple une façade de duplex de 34 pieds sur 20 pieds), le temps de dégarnissage peut représenter plusieurs heures. Prévoyez également une plage de travail où la température reste comprise entre 5 °C et 25 °C, avec un délai de 24 heures avant et après l’application pour garantir une prise homogène du mortier.

Risques de joints détériorés et conséquences

  • Infiltrations d’eau dans le mur : un joint fissuré ou effrité laisse passer l’humidité qui s’infiltre dans le mortier, puis derrière la paroi. L’eau fragilise la maçonnerie et peut atteindre l’habillage intérieur, provoquant des dégâts importants, à l’image d’une peinture demi mur qui protège la partie basse des murs intérieurs.
  • Effritement du mortier : sous l’effet des cycles gel-dégel, l’eau emprisonnée dans les interstices gèle et dilate le mortier. Celui-ci se fragilise, se désagrège et tombe en poussière. Une façade sur laquelle les joints représentent 15 à 25 % de la surface totale perd ainsi son étanchéité par endroits.
  • Ventre-de-bœuf : déformation visible : lorsque l’humidité pénètre profondément dans la paroi, les briques se gonflent ou se décollent. La façade se déforme localement, créant un renflement caractéristique appelé ventre-de-bœuf. Ce signe annonce un désordre structurel avancé.
  • Vieillissement prématuré : un mur dont les joints sont dégradés vieillit beaucoup plus vite. Les briques, privées de leur protection contre les intempéries, se salissent et s’altèrent en surface. Sans intervention, la durée de vie de la façade peut être réduite de moitié par rapport à une pose professionnelle conçue pour 50 ans.
  • Risque d’effondrement : dans les cas les plus graves, lorsque le mortier a totalement disparu sur une grande surface, la structure perd sa cohésion. Le mur peut basculer ou s’effondrer sous son propre poids, surtout si les joints sont détériorés sur la hauteur d’une façade. Une intervention rapide est indispensable.

Types de joints et finitions après rejointoiement

Joint en retrait ou jointement saillant : quelle différence ?

Le choix entre un joint en retrait et un jointement saillant ne relève pas d’un simple caprice esthétique : chaque technique répond à une contrainte mécanique et climatique précise. Le joint en retrait consiste à laisser le mortier quelques millimètres en arrière de la surface de la brique. Cette configuration offre une excellente tenue dans le temps, car elle protège le bord du mortier des chocs directs. Elle convient particulièrement aux murs exposés aux cycles de gel et dégel, fréquents lorsque les températures oscillent autour de la fenêtre des 5 °C à 25 °C recommandée pour l’application.

Le jointement saillant, lui, dépasse légèrement le plan de la brique. Il est parfois préféré pour les façades anciennes où l’on cherche à reproduire la finition d’origine. Toutefois, cette technique expose davantage le mortier aux intempéries et aux chocs. Sur un mur où les joints représentent 15 à 25 % de la surface totale, le choix de la finition influence directement la longévité de l’ouvrage. Une pose professionnelle permet d’espérer une durée de vie d’environ 50 ans, voire 100 ans dans certains cas favorables. Pour un particulier qui réalise lui-même le travail, le joint en retrait reste la solution la plus tolérante et la plus durable.

Nettoyer et protéger les joints après application

Une fois le mortier appliqué, le nettoyage des coulures doit être réalisé au bon moment, sous peine de marquer définitivement la brique. Utilisez une méthode adaptée à l’épaisseur des résidus :

  • Éponge pour coulures fines : essuyez délicatement les traces légères avant que le mortier ne durcisse
  • Grattoir pour coulures épaisses : retirez les amas de mortier sec avec précaution
  • Nettoyer après séchage complet : un brossage à sec élimine les résidus poudreux
  • Bâche de protection contre pluie : couvrez le mur si des précipitations surviennent dans les 24 heures suivant l’application
  • Vérifier absence de fissures après séchage : inspectez les joints au bout de quelques jours pour détecter d’éventuelles retassures


Dans les cas les plus graves, l’humidité peut aussi atteindre les éléments métalliques intégrés à la structure, comme les poutres ou les fixations, dont la corrosion compromet la solidité de l’ensemble. Une intervention de soudure de l’acier peut alors s’avérer nécessaire pour consolider ces éléments avant de procéder au rejointoiement.